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Il
y a 5 000 ans, le métier de bûcheron n'était pas des plus facile, notamment
dans la Brière : imaginez une belle forêt de chênes noyée par la mer suite à
des glissements de terrains... A une époque où l'on ne connaît pas encore le
tourisme et les crêperies, il y avait de quoi en dégoûter plus d'un.
Je parle de la Brière puisque
c'est l'exemple qui nous est le plus proche : il existe aussi, dans l'est de
l' Allemagne, un commerce qui propose un stock de morta.
Tout ce bon bois perdu... mais
pas perdu pour tout le monde, puisqu'on peut en faire des pipes ! En cours
de fossilisation, et donc fortement minéralisés, ces chênes donnent
maintenant un bois dur, noir ou plus clair cela dépend de son âge, mais
aussi de la composition du sol dans lequel il a été enfoui, qu'on appelle le morta.
Le morta n'est pas des plus
faciles à récupérer, et il a une plus forte tendance que la bruyère à se
fendre en séchant. On ne peut donc en tirer de gros ébauchons, mais on peut
néanmoins le travailler, que ce soit pour des pipes lisses, ou des sablées.
En France, le pipier Paul
Martel, à Herbignac, proposait des pipes en morta. Patrice Sébilo avait pris
la suite, et Trever Talbert à son tour a repris la production de
pipes en morta. |
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Le morta a le grand avantage d'être dur, il ne brûle pas et ne
donnera pas une saveur désagréable au fumage, même s'il affectera fortement
la saveur d'un tabac... pour le meilleur ou pour le pire. Contrairement à la
bruyère, qui s'accommode de tous les types de tabacs, le morta est plus
difficile : Trever le conseille plutôt avec du latakia, du virginie mais sur
la pointe des pieds, et le déconseille carrément pour les mélanges
aromatiques. Pour lui, une pipe de morta est une grande aventure, parce
qu'il faut trouver le mélange qui s'alliera parfaitement avec.
Trever n'est pas le seul à
travailler le morta. Un pipier autrichien, Josef Prammer, et deux pipiers
allemands, Tom Richard Mehret et Reiner Thilo, présentent eux aussi
leurs modèles.
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