Histoire de briquet


par Benjamin Brochot

11/07/11

 

Au départ je voulais écrire un post sur le groupe pour parler des différents briquets que j’ai pu avoir depuis que j’ai commencé à fumer la pipe. Et puis je me suis rendu compte que j’avais pas mal de chose à dire. D’où la question : « Pourquoi ne pas faire un petite chronique avec des photos ? »

Alors voici :
 

Dans ma courte vie de fumeur de pipe (un peu plus d’un an) j’ai vu passer toute sorte de chose pour allumer mon tabac. J’ai d’abord commencé par le bon vieux Bic, le grand modèle ! Un truc génial, très fiable mais … non rechargeable. En même temps c’est un Bic, une marque spécialisé dans le jetable. Vous aller me dire : Achète-en un autre ! D’accord, mais j’ai ce défaut de m’attacher sentimentalement à mes outils du quotidien. Il n’y avait plus de Bic de couleur orange au magasin, j’ai donc décidé d’aller voir ailleurs.


Un article parlait de la température d’ignition du tabac, température qui pouvait avoir un impact sur le goût car certaines molécules aromatiques sont dégradées si la température est trop élevée. Il conseillait d’utiliser des allumettes pour un allumage à température réduite. Je me suis donc lancer dans cette expérience. Je n’ai pas trouvé de grandes différences entre le butane et le bois de peuplier. Ce fut un passage rapide. J’ai trouvé ça très chiant, moi qui rallume assez souvent ma bouffarde, j’avais l’impression d’abattre des arbres à la hache lors de mes séances de fumage prolongées.
 

Par la suite j’ai pris l’habitude de fumer ma pipe au fond du jardin prêt du barbecue (Et non, pas dans la cabane). Il y avait là un allume feux de cuisine. Un choix intéressant, l’extrémité étant très longue on peut facilement allumer le tabac sans risque de bruler les bords du fourneau. J’ai utilisé cet allume feux pendant plusieurs semaines. Malheureusement le système piézo-électrique n’est pas aussi fiable que la pierre à briquet. Quand vous avez cliqué une douzaine de fois et que finalement la flamme prend enfin vie, c’est en général à ce moment là qu’un coup de vent vient éteindre votre réussite.


Une commande de tabac chez JPP plus tard, l’allume feux finissait au placard. J’avais reçu un briquet électronique à flamme orientable rechargeable ! Franchement j’étais conquis par ce nouveau briquet, la flamme s’inclinait à 90° sur le coté et c’était très pratique pour l’allumage. C’est aussi à ce moment-là que j’ai appris comment bien recharger mon briquet.

Je me permets donc de faire un petit aparté technique :

Ce n’est pas une mince affaire en effet que de recharger un briquet. La technique qui a toujours marché pour moi est la suivante. Avant chaque rechargement, bien vider tout le contenue de la réserve du briquet en appuyant sur la valve. En effet, même s’il reste du gaz liquide ce n’est pas forcement du butane, mais en général de l’air liquide qui sert de gaz propulseur. Cette purge post remplissage est donc très importante. Ensuite briquet tête en bas, on injecte le butane par petites pulvérisations, une seconde suffit. Injecter 3 pulvérisations d’une seconde et le briquet sera déjà largement rempli, c’est très rapide. La plupart des gens (moi y-compris) injecte trop. J’ai aussi remarqué qu’il faut parfois attendre avant d’allumer son briquet. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais le gaz à surement besoin de quelques minutes pour se réchauffer. Donc après le rechargement laissez votre briquet tranquille quelques minutes et normalement l’allumage fonctionnera parfaitement du premier coup. Fin de l’aparté.


Toujours est-il que ce briquet à tête orientable n’a duré qu’un temps. Et oui décidément ce système piézoélectrique … pas terrible pour plusieurs mois d’utilisation intensive.
 

En attendant mon train dans la gare de Frankfurt-Am-Main, je regardais la vitrine d’une petite civette et je vis un briquet pour pipe en métal pour une dizaine d’euro.

L’achat fut impulsif pour ce briquet avec bourre-pipe intégré, bien que plus gadget que réel bourre-pipe. Un briquet qui a été un bon compagnon, très agréable à utilisé. Un jour il m’a, lui aussi, fait faux bond comme tous les autres, le mécanisme d’allumage étant apparemment périssable.
 

Par la suite, dans une vidéo sur David Wagner le pipier autrichien, j’ai vu qu’il utilisait un briquet à flamme torche, système que je pensais être à proscrire pour la pipe, car un risque de brulures bien trop élever pour nos bruyères chéries !

Mais si un pipier l’utilise … Je me suis donc lancé donc à la recherche d’une réplique de ce que j’avais cru voir dans la vidéo. Je prends le lotus 22. Une petite merveille, la flamme se rallume toute seule après une rafale de vent, cette flamme est mi-torche mi-molle.


Payé 50 euros outre atlantique. Il m’a duré 5 mois. Je le dénigre pour sa durée dans le temps, mais je l’adorais ce briquet. Il n’a jamais fait de bobo à aucune de mes bruyères, il faut juste savoir viser. Bien sur, si vous pissez à coté de la cuvette des toilettes c’est un choix à proscrire ! En réalité c’est même plus fiable qu’une flamme molle qui se balade partout avec les courant d’air, et viens parfois lécher le haut du fourneau. Avec ce Lotus l’allumage était très rapide, une demi-seconde et votre tabac était déjà bien allumé.
 

Et puis arriva ce jour fatidique, un lendemain de beuverie pour être précis. Comme ça, sans crier gare, ce bon vieux briquet me laisse tomber. J’appuie sur le bouton d’ignition : RIEN ! Le bidule reste bloqué. Je démonte la bête, et je trouve d‘où vient le souci, le système qui permet le mécanisme d’allumage est une pièce en plastique.

Forcément à force d’allumage cette pièce s’est usée, et a fini par enrailler le mécanisme. Pour une fois que ce n’était pas le système piézoélectrique qui me lâchait. Je pensais ce briquet tellement fiable que j’avais même viré tout les autres.

Du coup j’ai dû revenir au briquet jetable à pierre, un mini Criquet bleu sans âme, acheté d’urgence dans une civette de St Malo, le pire c’est que je l’aime bien maintenant. Quand je vous disais que je m’attache facilement à ces petits objets. J’ai du me réhabituer à une flamme molle, un allumage tout en lenteur et également à tourner le briquet la tête en bas.

Mon lotus 22 me manque c’est évident, mais le retour à la flamme molle m’a redonner l’envie d’acheter un autre briquet. Vous avez peu être devinez à ce stade de l’histoire du briquet dont je parle. La légende ultime. Le briquet dont tous les fumeurs de pipe rêve la nuit. Une sorte de mythe flamboyant. Le fameux classique « OLD BOY » d’Im Corona. Je me suis d’abord fais la remarque : il me faudrait surement vendre un rein pour me fendre de cet outil. Mais en cherchant bien sur la toile on trouve toujours un prix plus abordable, que ce soit aux Etats-Unis ou sur EBay.

Au paradis des fumeurs il proposait trois modèles de Old boy à 90 dollars. Avec le taux de change sincèrement, ça rend le briquet de légende un peu plus abordable.
 

Deux semaines plus tard un colis m’attendait chez le gardien de l’immeuble. Je sors du paquet une petite boite bleue en imitation cuir. Le dessus de la boite est moelleux comme l’accoudoir d’un fauteuil club. J’ouvre la boite avec fébrilité. Quand je le découvre j’ai du mal à me dire qu’il en existe des milliers comme le mien tellement il a l’air unique. L’emballage révèle déjà un haut niveau de finition, quant au briquet lui même c’est pire, il inspire le luxe et le raffinement.


Malgré la connaissance que j’ai de la fiabilité de ce briquet, il a tout de même l’air fragile. La minutie des ces mécanismes rappelle l’horlogerie, d’où cette idée de fragilité. J’ai déjà eu des Old boy en main, mais se dire que c’est le sien flatte l’égo. J’en fais peu être un peu trop, mais je n’ai pas l’habitude de ce genre de produit, un produit qui dit : On s’est pas foutu de ta gueule cette fois ! Le briquet est arrivé vide. Je prends donc ma bombonne de butane, trois pulvérisations légères, ils recommandent d’ailleurs dans le manuel d’y aller mollo sur la quantité de gaz. J’allume le briquet quasi immédiatement (pour voir) et là une flamme énorme sort comme un diable du briquet. Ils règlent au maximum le débit de gaz au sortir de l’usine ! Les gredins, j’ai failli me bruler la moustache. Un petit réglage et la flamme est parfaite.


Quelques minutes plus tard je me prépare une pipe. C’est un réel plaisir à l’usage, l’ouverture du clapet, tourner la roue contre la pierre et fermer le clapet dans un petit « clic » qu’on croirait étudier tellement il est agréable. Le maniement est très précis, la flamme viens se poser sur le tabac très précisément, c’est quand même mieux que le briquet jetable qu’on doit utiliser la tête en bas.

La messe est dite, ce briquet est … très bien 20/20. Espérons simplement qu’il surpasse en durée tout ces prédécesseurs.

Je me suis poser la question de savoir quelle était la finalité de cette histoire. Recommander au gens qui utilisent des Bic ou des allumettes de passer au Old boy ? Evidement que non, d’ailleurs le Old boy n’est pas une fin en soit, certains utiliserons des allumettes toute leur vie parce que ça leur conviens. Je pense que le simple fait d’essayer un peu tout est un cheminement tout à fait intéressant. Avoir un Old boy c’est peu être même le pire ! Et oui, on n’essaye plus rien d’autre ! C’est un peu comme le mariage.

Enfin si c’est un mariage qui dure … pourquoi pas.