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un Grain ? |
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par Olivier Ripoll |
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12/03/06 |
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C’est le passage du temps sur la bruyère, la preuve
du savoir-faire d’un pipier, la richesse de la rareté, l’empreinte
digitale, singulière et unique de nos pipes. |
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Les droites parallèles dans la direction T sont les
cernes du bois, autrement dit les anneaux de croissance qui indiquent
par exemple l’âge du bois. Si l’on regarde une coupe d’un tronc d’arbre,
ces cernes sont en fait des cercles concentriques. Dans la direction R,
il s’agit des fibres de bois, idéalement droites, mais qui la plupart du
temps sont mal dessinées. Il s’agit de ce que l’on appelle le grain pour
les pipes. Commençons par le Straight Grain. Pas d’ambiguïté
possible, on demande au grain d’être vertical. Parfait et donc rare, les
Straight Grain présente aussi des oeils-de perdrix au dessus et en
dessous du fourneau. |
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Ou encore sur la fameuse Ramsès, de magnifiques œils-de-perdrix au dos : |
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L’opportunité de faire apparaître les œils-de-perdrix sur les faces de la pipe offerte par le Cross-Cut permet aussi de les rendre visible sur les côtés et non pas à l’avant et l’arrière de la pipe, comme dans les deux exemples précédent. Les Bird’s eyes qui donnent leur nom à cette configuration du grain sont donc sur le côté dans les deux exemples suivant et les striures, devant et derrière. |
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Encore un exemple de ce grain, avec un modèle de Tom Richard |
Si comme le dit Sherlock Holmes, « Singularity is almost invariably a clue », ou encore René Thom qui appelle à considérer la singularité comme « génératrice de formes », visitons avec avidité ces splendeurs, ces perles que la bruyère, et l’œil du pipier, nous offrent parfois. La première, sorte de big brother ou de panopticon de la pipe, une Moretti de Marco Biagini, où les œils-de-perdrix se présentent sur tout le fourneau : |
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Autre beauté, une Radial Grain, l’astre auquel il en faudrait peu pour que nous ne nous prosternions devant lui : Notons que sur de tels modèles, les œils-de-perdrix apparaissent sur tout le pourtour du fourneau. |
| Mais c'est sur les sablées que l'on peut, à mon sens, apprécier le
grain d'une pipe à sa juste valeur, de façon tactile, charnelle. Sur cette Il Ceppo, la présence d’œils-de-perdrix en haut du fourneau démontre que le grain est straight. Mais c’est sous le nom de Ring Grain que l’on désigne ce type de configuration où le sablage met surtout en évidence les anneaux de croissance. C’est l’insolence du sablage, dévoilant les cernes que la belle, lisse et poudrée, masquait. |
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C’est toute la complexité du croisement entre le grain et les cernes qui est visible sur cette pipe. Mais certaines, dites « chauves » n’ont pas de grain visible et le sablage ne fera alors voir que les cernes, comme sur cette Dunhill : |
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Pratiquement invisibles sans l’opération de sablage, certaines pipes lisses laissent néanmoins deviner ces anneaux de croissance, comme par exemple sur cette Cavicchi où l’on peut les voir à l’horizontale. |
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Voici un exemple de Bird’s eyes sablée de chez Dunhill : |
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C’est donc le sablage qui a le mérite de rendre le
mieux toute la complexité, toute la vitalité de la bruyère. Ceci éclaire
sans doute, pour ceux qui en doutaient, le fait que le sablage n’est pas
à réserver uniquement aux bruyères de mauvaise qualité ! |
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Et enfin, un modèle exceptionnel, la Océanic de Trever Talbert Soyons donc flatté d’avoir un grain... |