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par Erwin Van Hove |
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02/05/11 |
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Récemment, Regis McCafferty, l’un des rédacteurs
les plus productifs de la revue américaine The Pipe Collector,
a lancé un appel à la communauté des pipophiles. Sa question est une
variante sur le classique scénario de l’île déserte. Vous le
connaissez bien, n’est-ce pas. Vous êtes exilé sur une île déserte
et vous n’avez droit qu’à un seul tabac. Lequel serait-ce ? Robinson
Crusoé contemporain, vous avez la possibilité de sauver du naufrage
trois pipes. Lesquelles choisiriez-vous ? Remarquez que ce genre de
dilemme à première vue théorique peut un jour devenir dure réalité.
Pour preuve ce collectionneur en Caroline du Nord qui lors du
passage d’un ouragan a dû évacuer dare-dare sa maison et qui
précipitamment a dû sélectionner les sept pipes qu’il emmènerait
dans sa sacoche. Dans pareille situation, vous avez intérêt à être
préparé ! |
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Je sais désormais ce que je ne veux pas, mais
manifestement on est toujours loin du compte des quatorze favorites.
Comment réduire sensiblement le nombre de candidates en lice ? En
sélectionnant mes pipes les plus belles ? Pas du tout, beau et bon
n’étant absolument pas synonymes. Cela étant et puisque le goût est
primordial, choisissons tout simplement les pipes qui se distinguent
par leur saveur supérieure. Aussi évident que ce critère puisse
paraître en théorie, force m’est de constater que dans la pratique,
il est nettement moins probant. En parcourant mes cabinets, je dois
me rendre à l’évidence : je possède plusieurs pipes au goût
absolument irréprochable qui pourtant ne sortent que rarement de
leur râtelier. Une prise de conscience totalement inattendue ! D’où
viendrait cette injuste indifférence envers ces odalisques douces et
dociles ? Il suffit d’un seul regard pour obtenir la réponse : parce
que leur plumage ne se rapporte pas à leur ramage. Esthétique sans
saveur, c’est peine perdue, cela va de soi. Mais apparemment,
qualité gustative sans chant des sirènes ne vaut pas mieux. |
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Il va de soi qu’il me faudra une LC. Le choix n’a pas exactement été facile, mais j’ai fini par opter pour une LC lisse de Pierre Morel. Sa ligne pure et classique est irréprochable, sa finition mate agréable au toucher. C’est du beau, de l’intemporel. Quant au goût qu’elle produit, c’est du trois étoiles. |
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Le seul vrai dilemme, c’est le choix que je dois faire entre une Dunhill Shell LB de 1960 et une interprétation de la légendaire LB de Vollmer & Nilsson. La Dunhill produit ce goût profond et sombre qui a fait la réputation de la marque et elle se termine par un bec absolument parfait. Par contre, son tuyau s’oxyde à vue d’œil et j’ai horreur du polissage. En plus, bien que légèrement moins volumineuse que la scandinave, elle est plus lourde. C’est décidé : ce sera la billiard des demi-frères suédois. Classique, pratique, robuste, légère et confortable, ni trop grande ni trop petite, c’est une pipe polyvalente qui me servira fidèlement et en toutes occasions. |
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Sans conteste, mes deux meilleures fumeuses de VA, ce sont des GRC, taillées par Darius Christian Dah, le sympathique mais truculent pipier afro-américain qui a dû mettre un terme à sa carrière pour causes médicales. L’une des deux, une œuvre de jeunesse, est tellement moche qu’elle s’est fait exclure sans pardon. L’autre, une petite rhodesian fluide que Darius m’a offerte, a tout pour plaire : bien sûr qu’elle est mignonne, légère, confortable, mais surtout elle a le pouvoir magique de révéler toutes les nuances des virginias qui lui sont confiés et d’en mettre en valeur la douceur naturelle. Une pipe à chérir. |
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