|
|
|
par Jean-Luc |
|
01/08/11 |
|
Déjà un an que je
prenais le train IC pour Liège afin d'y retrouver mes compagnons et
faire ensemble la dernière étape vers Rheinbach.
|
|
Nous serions bien restés plus longtemps mais il
nous faut prendre des forces avant l'ouverture et nous quittons nos
amis pour aller casser la croûte à deux pas de là. |
|
|
|
| la civette de Frank |
Dans la civette |
|
|
|
| Peter Matzhold | la croute |
|
Comme tout véritable amateur, j'avais fait mes devoirs avant le show. Je savais quels seraient mes objectifs premiers. Je regrettais un peu l'absence de plusieurs pipiers présents l'année passée et Achim à qui je posai la question me dit qu'en effet, il n'est pas facile de faire venir certains pipiers qui n'ont pas toujours envie de faire le déplacement. Et de regretter la disparition de Rainer Barbi qui était un véritable moteur et un rassembleur de troupes. Le premier pipier dans ma ligne de mire était Jan
Harry. A la lecture de certains articles d'Erwin, je savais qu'il
était de ceux qui font du bon boulot et se remettent en question
quand il le faut pour progresser. De plus, ses prix sont encore
accessibles. De fait, je n'ai pas tardé à repérer dans son étalage
une jolie courbe, genre blow fish, au sablage discret mais régulier
et bien plaisant. Petit hic, le 9 mm qui, s'il n'est pas
rédhibitoire pour moi, n'est pas non plus un atout à mes yeux. Un
joli tuyau cumberland, une belle harmonie des formes, une jolie
teinte, bref la belle se case dans la partie « à revoir plus tard »
de mon cerveau. Robert ne tarde pas à trouver chaussure à son
pied en parcourant les merveilles de Peter Matzhold. De vrais bijoux
tout en flamme et oeils de perdrix ! Et parmi eux, une petite bambou
superbe. Ca commençait fort ! |
|
Ensuite, la table de Paolo, toujours aussi
sympathique. Cette année, Paolo présente une nouvelle forme qui
n'est pas sans rappeler la forme de ces étranges poissons lune. De
très belles pipes au sablage profond qui nécessitent de grands
ébauchons pour pouvoir garder une épaisseur suffisante au plus fin
du bol. Et encore quelques pipes en arbousier qui ne manquent pas de
me tenter. |
|
Au moment d'entrer plus avant, je croise Nanna
qui s'arrête au stand Khollase & Kopp. Toujours aussi ravissante et
souriante. Pressé de voir quels pipiers se trouvent dans la salle,
je continue, me promettant de vite revenir vers elle pour
l'immortaliser une fois de plus. Etant d'un naturel très timide,
j'avais déjà trouvé une excuse pour lui tirer le portrait : notre
chef de Groupe étant un de ses admirateurs inconditionnels, j'avais
reçu ordre sous peine d'être expulsé de notre communauté de rentrer
avec quelques clichés de sa jolie personne. Ce délai que je
m'accordai devait être mon erreur car la belle disparaîtra de la
scène définitivement. Robert n'aura même pas eu la chance de
l'entrevoir. Je demande ici pardon à notre grand Maître ! |
|
Pourtant quand je la prends en main, la qualité du travail me saute aux yeux, en plus de sa légèreté pour un tel volume de bois (35g). Son tuyau est finement ouvragé, avec un mouvement légèrement torsadé qui se poursuit parfaitement sur la tête de pipe. Le brillant de la surface et son poli sous la lèvre m'étonnent encore aujourd'hui, au point que je ne suis pas certain à deux cents pour cent qu'il s'agisse d'ébonite. Le bec est visiblement très mince et les lèvres fines, comme je les aime. L'ouverture de la lentille a été délicatement arrondie. J'ouvre la pipe doucement et constate que le perçage est large et le floc creusé en V. Holmer me confirme qu'il perce à quatre millimètres. J'aime ca ! La pipe est sablée et présente une surface lunaire, un peu chaotique dans le bon sens du terme. Il y a des sandpits plus profonds qui ne gâchent pas du tout l'ensemble selon moi. Ce qui aurait été inacceptable sur une autre pipe est ici très bien intégré. Le plus beau est sans aucun doute la ligne de cette sorcière. Il y a du mouvement. Le bol n'est pas rond mais présente une arête due à cette torsade pré-citée. J'aurais hésité à écrire que, toutes proportions gardées, elle me fait penser à une Barbi, si un autre amateur ne m'avait dit exactement la même chose. Quand Holmer me dit qu'elle coûte 128 euros, la cause est entendue. A ce moment je n'ai pu m'empêcher de faire part de mon étonnement à mon bienfaiteur. « Les pipes qui se trouvent dans les catalogues Dan Pipe n'ont rien à voir avec ce qui se trouve ici » lui dis-je. Et lui de me répondre dans un anglais approximatif que celles qui sont présentées ici sont « spéciales » et les autres « ordinaires ». Seul petit bémol : un endroit plus profond n'a pas été atteint par la teinture et présente donc une minuscule tache claire dans la surface sombre, de la grandeur d'une tête d'épingle, sous un certain angle et sous forte lumière. C'est vraiment tout ce que je peux lui reprocher, mis à part les sandpits qui réservent cette pipe à ceux qui comme moi ne sont pas des inconditionnels des bois sans défauts. Maintenant que je l'ai déjà fumée, je ne peux que
me féliciter de mon choix. Après avoir retiré le préculottage qui ne
cachait rien d'inquiétant, j'ai pu dès cette première fois fumer une
excellente pipe. |
| Holmer & ma Knudsen |
|
C'est donc avec la satisfaction d'une excellente après-midi et avec la promesse de délicieuses heures de fumage à venir que nous quittons Rheinbach. Espérons que cette fête pourra perdurer encore
longtemps ! |
|
|