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Courbes, droites, de différentes patines et nervures, dotée d'un
fourneau soit généreux soit plus modeste, les différentes pipes élues
siègent pieusement sur un bureau souvent encombré, dans un cendrier en
cuivre offert par une autorité étrangère.
Toujours disponible, elles ont chacune une fonction particulière, non
déterminées à l'avance, réactive à la qualité de l'instant, au contexte,
à la pensée, à l'imaginaire.
Bourrer les pipes est une démarche, une gestuelle initiatique. Le choix
même du tabac participe à cet instant privilégié.
Bien plus, les paquets de tabac circulent dans la section parmi les
fumeurs de pipe. Ils sont - et leur partage - un trait d'union
supplémentaire, les symboliques d'une symbiose fonctionnelle si
nécessaire, les clés de toute notre efficience.
Puis, c'est l'allumage d'un tabac souvent humide et résistant à la
flamme. Les volutes s'élèvent du fourneau encore froid, généreuses,
odorantes et chatoyantes.
Une alchimie s'opère. La pipe se met à vivre, réchauffe, stimule
l'esprit et l'imagination, celle qui débouchera sur l'action.
La pipe est avant tout un objet, un compagnon, un objet familier que
l'on a choisi - ou qui nous a été offert - un objet que l'on a adopté,
domestiqué et qui nous accompagne dans la réflexion ou l'effort. C'est
surtout, un ami fidèle et disponible que l'on doit respecter et soigner.
C'est en somme un témoin de mon caractère professionnel, un témoin de
tous les instants y compris les plus confidentiels et d'une grande
discrétion.
Jean Louis Bruguière.
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Un Juge d'exception
Né le 29 mai 1943 à Tours (Indre-et-Loire), Jean-Louis Bruguière est un
juge français spécialisé dans la lutte anti-terrorisme.
Descendant d'une lignée de magistrat (sur onze générations), il est
étudiant au Lycée Janson-de-Sailly à Paris, puis en Faculté de Droit où
il obtient une Licence de droit public et participe à mai 68.
Il devient Juge d'instruction à Evreux puis à Paris, pour devenir en 76
Premier juge d'instruction et il s'attaque au proxénétisme (en
particulier le réseau de Madame Claude) et est pour la première fois
l'objet d'une protection policière.
Suite à la fusillade qui éclate rue des Rosiers en 82, il développe la
lutte anti-terrorisme, sa cible : Action Directe.
En 83 il devient Premier vice-président du tribunal de grande instance
et depuis 1986, il s'occupe de la division anti-terroriste du parquet de
Paris.
Il a donné de nombreuses conférences sur le thème de la sécurité
intérieure aussi bien en France qu'à l'Unafei (Onu) au Japon, aux
Etats-Unis et au Canada.
L'ensemble de son action a été couronné par les décorations de Chevalier
de la légion d'honneur et de l'ordre National du Mérite. |
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