Smio Satou

Le père de Smio Satou travaillait pour la maison Fukashiro, qui avait été la première à abandonner le travail sur l'ivoire, matière traditionnellement employée pour les pipes jusqu'alors. Smio raconte qu'après la guerre, il a réparé des pipes pour le général MacArthur.

Smio a donc travaillé avec son père, pendant six mois, avant d'entrer chez Tsuge. Il ne les quittera qu'en 1997, où il prend une semi-retraite : il continue à réparer des pipes pour Tsuge, et travaille à son compte. De fait, il ne produit qu'une quarantaine de pipes par an, chacune lui demandant deux à trois jours de travail, ce qui lui laisse le temps de donner des cours d'Ikebana, l'art floral japonais. On peut d'ailleurs voir quelques exemples de son travail en cliquant sur le lien plus haut.

Si chaque pipe lui demande autant de travail, c'en en grande partie parce qu'elles sont techniquement irréprochables. Ses tiges en bambou sont fixées solidement, et sa finition particulière de la bruyère lui est propre. Il s'est inspiré des vernis utilisés pour les meuble japonais, ce vernis ayant les mêmes qualité que la cire de carnauba, mais avec une brillance plus grande, et sans qu'on ait à repasser de la cire.

Le modèle le plus représentatif des pipes de Satou est sans doute une pipe à petit fourneau, avec un long tuyau en bambou, qui se rapproche beaucoup des Kiseru, les pipes traditionnelles japonaises. En ce sens, Satou est plus japonais que Tsuge ou Tokutomi, chez qui l'influence danoise est présente.

Il lui arrive de remplacer le bambou par de la corne de buffle, et parfois des bagues d'argent ou d'or. Et quand il travaille la tige dans la bruyère, sa façon de faire un perçage courbe reste son secret.