Tristan

Tristan est-il fumeur de pipe ? Oui ! Il a commencé à l'âge de seize ans, et conserve dorénavant sa pipe au bec huit heures par jour (à noter que la photo n'est pas un trucage).

C'est lors d'un voyage à Munich qu'il découvre, dans la vitrine d'un antiquaire, des têtes de pipe d'Ulm, et c'est pour ainsi dire le coup de foudre.

Rentré en France, il cherche d'abord un pipier qui pourra lui copier ce genre de pipe, mais en vain. Il commence donc, en 2010, à s'y essayer, avec du buis, une perceuse à colonne, et une ponceuse à bande. Il va persévérer, et sérieusement, puisque durant les cinq années suivantes, il va se débarrasser de cent cinquante pipes, dont la réalisation ne le satisfont pas.

En 2013, après une opération des vertèbres, il doit abandonner son métier de menuisier charpentier, et cherche tout naturellement à entrer dans une fabrique de pipe jurassienne, comme il l'avait essayé des années plus tôt. En vain encore. En 2014, il apprend le métier de tourneur sur bois, Jean François Escoulen, tourneur a la réputation internationale, et inventeur du tournage excentrique et d'art.

Il va ensuite, pendant un an et demi, équiper son atelier et compléter son stock de bruyère. Un tiers vient de chez Mimmo, mais repose encore tranquillement, le reste, âgé d'une quinzaine d'années, en provenance d'un revendeur danois. Ses tuyaux sont en ébonite et en cumberland allemands.

S'il travaille surtout les copies de pipes anciennes et d'Ulm, il n'oublie pas pour autant les modèles d'inspiration plus moderne. Il propose en premier lieu des pipes lisses, mais aussi des sablées, et si le besoin s'en fait sentir, des modèles rustiqués. Ces pipiers préférés sont Pierre Morel et Jean Nicolas.

Tristan ne fume plus que ses propres réalisations, des pipes de forme Ulm, taillées dans des racines de noyer, ou en érable moucheté, des essences très douces, supérieures selon lui à la bruyère, s'harmonisant parfaitement avec les mélanges de type anglais ou bruns.