Bourre-Pipe


par Guillaume Laffly

18/11/10

 

Nous vivons une époque bizarre : Le fumeur passe pour un malade. Le fumeur de pipe apparaît comme un farfelu. Le fumeur de pipe qui fume une pipe faite par un artisan passe pour un collectionneur.

Mais si vous voulez à coup sur passer pour une curiosité, il vous suffit de donner le coup de grâce : sortez de votre poche un bourre-pipe original.

J'entends par original un bourre-pipe autre que le modèle tchèque, connu de tous les fumeurs.

C'est le modèle de base. Il est à conseiller à tout fumeur débutant. On le trouve partout. Il est même vendu par paquet de dix, pour les distraits.

Mais, comme il n'est pas interdit de se faire plaisir, on peut, après avoir exhibé une belle pipe, sortir d'une poche une belle blague à tabac, l'allumer avec un briquet spécial pipe ou avec ces allumettes suédoises que l'on fait venir d'Allemagne, puis tasser avec un engin qui sort de l'ordinaire.

Très curieusement, on en parle peu, de ces bourres-pipes faits main – déjà, là, le mot est lâché.


Voilà que l'on va parler ici de bourres-pipes fait à la main, que ces bourres-pipes sont vendus plus cher que le bon vieux tchèque, qu'il sont donc inutiles, dispendieux, que leur acheteur est un snob, qui aurait pu s'acheter une pipe pour le même prix !

Je prie ces personnes sensibles d'arrêter là, si ce n'est déjà fait, la lecture de cet article. Il n'est là que pour attirer l'attention sur un travail inutile, superflu, accessoire.

Car accessoire est le mot : un bourre-pipe, à tout prendre, qu'est-ce ? un truc qui permet de tasser son tabac, et de vider sa pipe, point barre.
 


Nous avons déjà parlé du tchèque, en voici un autre, très apprécié par les fumeurs qui pratiquent les concours.
Pour des raisons d'égalité, chacun reçoit le même bourre-pipe -qu'il peut emporter en souvenir- on ne peut que tasser. Il n'y a pas de pointe ni de cuiller qui permettrait de "jardiner" son tabac pour durer plus longtemps. Le règlement international stipule qu'il s'agit d'un barreau de bois, cylindrique, de 15 mm de diamètre.
 

Ceci posé, on peut ensuite passer à ceux qui sortent de l'ordinaire. Cette liste ne sera certainement pas complète, et sera mise à jour au fur et à mesure des découvertes faites lors des promenades sur le Net. Et l'on peut déjà poser deux catégories : les pipiers, d'abord, qui fabriquent des bourre-pipes en harmonie avec telle pipe, ou pour se distraire, et les fabricants dont c'est la seule activité.

Il y a en fait une troisième catégorie, que m'a signalée un lecteur attentif, mais j'y reviendrai en fin d'article.
 

Commençons par les fabricants, et, à tout seigneur tout honneur, par les modèles de Ming-Kahuna. Art Ruppelt, avocat de son état, a une activité bien particulière : il travaille, polit, des matières aussi diverses que colorées, comme l'acrylique, le cumberland, l'acétate de cellulose, l'aluminium, etc. ... Il a commencé discrètement, en mars 98, avec des modèles en bruyère ou en bois exotiques, on a pu lire le faire-part de naissance de Ming-Kahuna sur ASP le 25 novembre suivant, et son site de vente en ligne s'est ouvert le 14 février 99. Premiers clients, Mike Glukler, du site Briarblues, et Jeff Folloder. Ses premiers modèles étaient vendus une trentaine de dollars.

Vous avez déjà les yeux qui brillent ?vous voulez en voir plus ? Vous pourrez trouver le site de Art Ruppelt Ici, et le voir au travail Ici.

 

 

Le site Hammerpilot ressemblait à ces bons vieux bazars où l'on peut trouver de tout : rasoirs, montres étanches, accessoires pour vélos, pour cigares, etc. ... et des bourre-pipes fait main par monsieur Rakowski. De même la liste des matériaux employés par celui-ci laissait rêveur. Du modèle le plus simple, équivalent à celui des concours, mais en bois exotiques, à des modèles ornés d'un ébauchon en ambre. Et puis monsieur Rakowski employait une part de ses bénéfices pour des bonnes œuvres... Il se consacre désormais aux articles de pêche.

Martin Romjin taille et sculpte la pierre. Fumeur de pipe, il cherche des informations sur Internet, et découvre sur ASP qu'il existe des créateurs de bourre-pipes. A son tour, il va proposer des modèles en marbre, albâtre, granit, etc ... Sa plus belle idée : le bourre-pipe fourni avec le cendrier !

Et voici deux modèles signés Vautrin. Tous ces modèles disposent d'un pic, et ils sont d'une rare élégance.

On peut d'ailleurs passer commande d'un modèle particulier. Les bois exotiques utilisés sont variés, celui à gauche, au motif de panthère, vient d'un cocotier.


Encore une autre matière ? Des modèles plus figuratifs ?

James et Beth Boyle proposent ces bourre-pipes en étain, moulés puis finis à la main.

Nu féminin, chat en colère, Walter Raleigh, et d'autres modèles qui feront jaser vous sont proposés sur ce Site.

On peut également trouver d'autres de leurs modèles, créés pour le site Ramhornstudio.
 

L'étain est une matière facile à travailler, et permet toutes les fantaisies. La maison Catnip Hill présente toute une série de modèles.

On peut même y voir un bourre-pipe représentant une femme nue, allongée, dont la jambe se dévisse pour laisser voir la "cuillère", toujours utile.

"Pas un artiste, juste un gars avec un tour", c'est ainsi que se présente l'auteur des bourre-pipes Jagwal.

On peut d'ailleurs voir les différentes étapes de création sur son site, et comme c'est bien fait, on a une impression de facilité...

Jagwal présente des modèles réalisés avec des bois exotiques, c'est un amoureux du bois qui aime à faire découvrir les essences rarement utilisées.

David Mackenzie propose sur son site Sandpiper des modèles dont la base est en argent, rehaussés d'ivoire, de lapis-lazuli, de malachite, de turquoises et autre pierres semi-précieuses. Mais on peut lui commander des modèles personnels, et aller plus loin : or, diamants, tout est permis.

Plus frustres, et uniquement en merisier, des bourre-pipes fabriqués par les Indiens d'Amérique sont proposés sur le site du docteur Ben Irvin. on peut également y trouver des mélanges à pipe traditionnels.

Outre le fait qu'il propose ses propres modèles, en bois, bruyère, acrylique, le site Custom Tampers de Chris Melhorn va vous aider à réaliser une envie qui vous est peut-être venue en lisant cette page : tout le matériel pour réaliser soi-même son bourre-pipe, ainsi qu'une aide fort bien faite, sont disponibles...

Alors laissez-vous tenter...

Nolan Wiley, le fils de Randy, s'essaie avec bonheur aux modèles en bruyère. Ses modèles colorés font penser à la marqueterie.


 

Dmitri Plechtchev, ZapZap, vit au Danemark, où il est sculpteur et fumeur de pipe. Son imagination est sans limites, il propose des modèles en os, corne, différents types d'ivoire, les fossiles, les cerfs et les bois de wapiti, bois exotiques, Aramith, etc. ... et accepte aussi les commandes personnalisées.

En direct de Bali, un fumeur de pipe a la bonne idée de proposer des bourre-pipes, dont ces modèles en argent et os de baleine, sous la marque Ryan James. D'autres matériaux nobles sont proposés.

On peut trouver et commander ses modèles sur son Site.


Venons-en maintenant aux pipiers. Ils sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le croit à proposer des bourre-pipes. Certains offrent automatiquement un modèle aux acheteurs d'une pipe, modèles tous faits sur le même moule. D'autres s'amusent à proposer un bourre-pipe qu'il serait dommage de séparer de la pipe à laquelle il est lié. D'autres encore proposent des modèles, à chacun son style, mais de façon plus ou moins affichée.
 

Les heureux acheteurs d'une pipe de Marco Biagini, des pipes Moretti, ont toujours le plaisir de trouver joint à leur pipe un modèle de Marco, plus ou moins grand suivant la taille du fourneau, et qu'on n'ose pas utiliser au début. Heureusement, ce trop grand respect passe vite, après tout ils sont faits pour ça.

S'ils n'ont pas de pointe, on peut néanmoins parfaitement s'en servir pour déculotter une pipe, la partie supérieure est coupante comme il faut.

J'ai d'ailleurs noté une chose : ceux à qui il arrive de revendre une Moretti gardent précieusement le bourre-pipe !
 

Trever Talbert avait un temps mis de côté la fabrication de bourre-pipes, il en propose parfois de nouveaux, en morta, tous plus splendides les uns que les autres.

Divers bois, inclusions de matières acryliques, Trever laisse libre cours à son imagination, qu'on sait débordante. Et qui semble repartie de plus belle, depuis son retour aux USA.

David Enrique a suivi le bon exemple de Marco, mais outre les modèles qu'il joint à ses pipes, il a eu la bonne idée d'en proposer faits de bruyère, de buis, de corne et d'ébonite.

Paul Tatum crée aussi bien des modèles à part que des modèles spéciaux, liés à leur pipe. Sur le modèle de gauche, si l'on voit un œil sur le tuyau, on retrouve l'autre sur le bourre-pipe, dont la partie acrylique est de la même matière que le tuyau. Il propose aussi des modèles à inclusion. Malheureusement pour nous, il est maintenant très occupé à la NASA.

Brian McNulty, des pipes Anima, propose toutes sortes de bourre-pipes, de toutes les matières possibles, animales et végétales. Difficile de faire son choix, devant l'étendue des modèles proposés, et le peu de photos visibles sur son site...

Joël Shapiro n'a qu'un modèle, uniquement en bois exotiques, ébène, wenge, etc. ...

David Johnson propose lui aussi des bourre-pipes en divers bois, mais chez lui la partie qui ira "au feu" est toujours en bruyère.

Luigi Viprati, lui, crée des modèles en bambou, parce qu'on ne peut pas toujours en faire des tiges.

Gerhard Wilhelm proposait pour sa part des bourre-pipes de bruyère et de corne.

Rolando Negoita, outre ses nécessaires à tabac, comprenant un plat et un couteau pour couper les flakes, invente bien sur des bourre-pipes qui sortent de l'ordinaire.

Ebène, bruyère, argent, le tout fait pour être accroché à son trousseau de clefs, mais attention aux trous dans les poches !

Walt Cannoy, qui a disparu après avoir refait surface, et l'on ne peut que le regretter, proposait lui aussi des modèles, certains inspirés du travail d'Art Ruppelt.

Michael Parks signe des modèles, dont certains liés à ses pipes, fait de bois exotiques, ou de pierres. A mon avis, il est dommage, si l'on peut s'offrir une de ses merveilles, de se priver de son compagnon de route.

On peut aussi trouver chez les Rovera, des pipes Ardor, de jolis compagnons pour ses pipes.

Thierry Melan s'essaie aussi avec bonheur à l'exercice, dans des styles bien différents. Il y a sa série Tiki, très "Arts Premiers", les modèles réalisés en bruyère et d'autres bois, et même ce bourre-pipe si particulier, représentant le logo du forum Fumeurs de pipe, qu'il a taillé dans une corne de cerf.

Il ne devrait pas s'arrêter là, et son imagination débordante va certainement l'orienter vers d'autres formes et d'autres matériaux.

Pascal Riss, Sevenpipe, présente aussi ses bourre-pipes, modèles avec ou sans cure-pipe, une véritable symphonie de coloris et d'essences de bois. Les lignes Arum, Eyes, Close-up, et les pièces uniques ne lui suffisant pas, il propose aussi à ses clients de choisir les formes et les matières.

Si Pascal Riss donne ses ingrédients, Bruyère, Cocobolo, Buis, Ebène, Amourette, Cocotier, Corne, Bambou, Epoxy, Ivoire, noix australienne, et maintenant cuir, c'est lui qui a la recette.

Depuis septembre 2012, Il propose des bourre-pipes magnétiques, qui permettent de retirer le tasse-braise ou le pic sans vissage ou dévissage. Outre les modèles en aluminium anodisé, sont aussi proposés des modèles en bois exotiques.

Gunnar Weber-Prada, outre ses pipes, et ses râteliers si particuliers dont le Totem, propose des modèles, toujours de la même forme, mais outre les bois exotiques, a eu l'idée d'aller chercher des métaux comme le cuivre, l'aluminium, l'acier ou le laiton. Des objets lourds, que l'on a plaisir à tenir en main.

Minéral ou végétal, Andrey Savenko s'aventure avec bonheur à travailler ces matières, pour des modèles plus ou moins sages, mais qui ne laissent jamais indifférents.

Gerardo Papalia propose toutes sortes de bourre-pipes, en bois ou en corne.

Manuel Shaabi propose quant des modèles qui, eux aussi, portent bien sa patte.

Sur son site, Ted, de Oakscreekcreator, propose, aussi, des pipes, et des bourre-pipes en bois, et en pierres.

Davorin Denovic propose pipes et bourre-pipes, dont la plus grande partie sont en morta. C'est que Davorin vit dans une région où le morta est disponible en quantité. Il en propose de toutes teintes - elles varient suivant les époques.

Soren Andersen propose parfois de très jolis modèles en bruyère et argent, qui mettent parfaitement en valeur la beauté du bois.

Les parisiens, et les autres, s'ils ont la bonne idée de faire un détour au Caïd, pourront demander à Didier s'il n'aurait par hasard un de ses bourre-pipes disponible. Il se servait avant de pièces de dix centimes de franc, pour le tasse-braise : s'il vous en reste, vous pouvez toujours lui en proposer.

 

Larry Roush, imperturbablement, propose toujours le même modèle, en argent.


Je pense que vous êtes surpris du nombre de pipiers de renom qui se prêtent à l'exercice. Et il en manque bien sur, tous ne sont pas là. Ceux que le sujet amuse iront avec plaisir visiter cette page du site de Jorg Lehmann, Pipendoge : on y voit des bourre-pipes de Cornelius Maenz, Gotoh, Jud, Dura, Pollner, Jeff Gracik, Vollmer et Nilsson, Tom Richard, Wolfgang Becker, et... Tom Eltang.

Donc n'hésitez pas à vous rendre sur la page : Stopfer und Bestecke
 

Les grandes sociétés pipières proposent elles aussi leurs modèles de bourre-pipe. Deux me semblent sortir du lot.
 

La maison Peterson propose des modèles à l'effigie de Sherlock Holmes, bien sur - indispensables quand vous sortez avec votre calabash au bec. Ces modèles sont en cristal teinté.

Chez Tsuge, on propose des bourre-pipes tout en un, tout en bois, tout est dedans, rien n'y manque, c'est petit, bien fait, joli et pratique.

Alex Brishuta apporte toute sa fantaisie et sa poésie à ses bourre-pipes, ses talents d'invention ne se limitent pas à ses pipes. Les oiseaux de gauche ont été réalisés en attendant de la bruyère, et les "Wilde Men" à droite, en collaboration avec Nikolay Kochurov - Alex dessine, Nikolay réalise.

Quand il ne travaille pas avec Alex Brishuta, Nikolay Kochurov propose ses propres modèles, avec également des bourre-pipes sculptés.


J'avais commencé par poser qu'il y avait deux catégories de personnes qui fabriquent des bourre-pipes, mais un visiteur du site m'en signale une troisième : l'amateur, qui fait cela pour son plaisir, avec les matériaux qu'il a sous la main.

Pierre Barroghel a proposé fut un temps de magnifiques modèles. On ne peut que regretter, tout en le comprenant, qu'il ait mis fin à ses activités. J'ai la chance de posséder l'exemplaire que vous pouvez voir à gauche. La partie métallique vient d'une poignée de porte, il y a du plexiglas, du bois bien sur... et Pierre avait même commencé à travailler, grâce à Trever Talbert, avec des chutes de bruyère et de morta ...


Je parlais des matériaux qu'on a sous la main, dans certains cas cela peut aller loin. FX, un autre membre du Groupe nous a montré ceux qu'il a bricolé dans son atelier :

Pour mieux savoir de quoi il s'agit, je lui laisse la parole :
 

"Plus le temps de faire des couteaux, pas encore ce qu'il faut pour me lancer dans la piperie ... Alors, pourquoi pas les bourre-pipe ?

Petit essai rapide avec ce que j'avais sous la main. On va l'appeler le "cornillon" , c'est un andouiller de cerf des Indes (sambar). Très peu poreux, pas besoin d'un renfort métallique. J'en utilise depuis des années, ils ne brûlent pas, tout au plus, je les repasse au buffle de temps en temps.

Le couteau est de moi aussi, le scrimshaw est de Greg Delaunay, la pipe est de Rad Davis.
 

Je reviens sur les bourre-pipe, et sur le fait de les doubler ou pas. En voici quelques uns, ceux que j'avais sous la main. Celui en buis a au moins 20 ans, c'est un de ceux que j'ai la plus utilisés, j'ai dû d'ailleurs le retailler, car il avait une belle volute sur sa partie supérieure, qui s'est cassée. Comme vous pouvez le constater, le bois ne brûle pas, il est toujours protégé par la cendre. J'en ai profité pour le passer un petit coup au buffle, il était tout noir, et j'ai été surpris de voir la jolie patine qu'il avait prise.


Pour ceux en bois de cervidé, ici nous avons du chevreuil (bois assez plein), et du cerf de Virginie (whitetail deer). Pour le cerf européen (élaphe), il est assez rare de trouver des andouillers de tout petit diamètre, sauf sur certains jeunes daguets. Et il est impossible de partir d'un gros andouiller et de le réduire en ponçant, car ils sont très poreux et la partie dure ne mesure que quelques millimètres. Le bois des jeunes chevrillards est de loin le plus intéressant, celui des vieux brocards est trop large. Jean-Luc, en Belgique, il y a pas mal de daims dans les jardins, tu peux toujours essayer de récupérer une palme, si tu connais quelqu'un qui en élève, elles tombent chaque année, et si vous avez des amis dans le grand Nord, les bois de renne sont un matériau absolument extraordinaire, qui se polit remarquablement et qui est très dense. Il est facile de neutraliser les parties poreuses, avec de la colle cyano, elle devient neutre après séchage.
 

Pour les bois de chez nous, tous les fruitiers font l'affaire, et les bois durs en général. Le buis est un vrai régal à travailler. J'en ai dernièrement fait un en pine de morse, oosik comme le nomme les inuit, c'est l'os pénien du bestiau, je vous en montre un à côté d'une petite pipe de M Kabik. Celui-là, c'est un tout petit, il peut mesurer jusqu'à 1 m."


Et puisqu'il est question du Groupe de Discussion, vous pouvez voir Ici les bourre-pipes  réalisés par les membres du groupe, lors des concours.

Qu'il me soit aussi permis de citer ce visiteur attentif dont je parlais plus haut : à droite, la photo qui démontre ses talents d'"improvisation :
 

"Il serait bon d'y ajouter une troisième catégorie, celle des amateurs improvisateurs. On fait souvent flèche de tout bois quand on a oublié le sien, ce qui m'arrive souvent. Souvent, c'est l'extrémité du petit doigt de la main droite qui se carbonise dans la plus pure tradition Mucius Scaevola. Une fois, je me suis fait offrir par un golfeur de rencontre quelque uns de ces Tees chers aux cruciverbistes, le modèle d'exercice, en bois. Il m'est arrivé d'utiliser de la douille de balle d'exercice abandonnée par des bidasses en manœuvre, ou de la douille de Lebel ornée par un poilu. Et puis un jour où j'utilisais un bourre-pipe modèle standard, je me suis fait remonter les bretelles par un puriste, qui s'insurgeait contre l'intrusion d'un métal froid dans le foyer d'une honnête bouffarde. C'est pourquoi, à la moindre balade, il m'arrive de sortir l'Opinel et d'improviser un bourre-pipe en bois de bourrepipier, c'est-à-dire avec le premier matériau ligneux qui me tombe sous la lame. Certains restent à l'état brut, d'autres tirent profit des formes de la branche, d'autres sont tarabiscotés en style plus ou moins kitsch ou néo-primitif (pardon, néo-premier, ou est-il plus politiquement correct de dire néo-Branly pour ne vexer personne ? ), poncés à la lime à ongle de carton. Les uns restent définitivement au fond d'une boîte et n'auront servi qu'une journée, d'autres sont repris à la maison, traînent au fond des poches, se patinent, se font accepter, deviennent quotidiens. C'est dire que le sujet est loin d'être épuisé. "


Effectivement, le sujet est inépuisable. La première version de cet article datait d'avril 2006, depuis il y a eu de nouveaux venus, d'autres pistes ont été explorées, avec plus ou moins de bonheur - et ça n'est pas fini ...