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Le dessus du râtelier |
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| Random
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Ah, Random. Ce type, c’est tout un chapitre dans mes mémoires de fumeur de pipe. Je me rappelle comme si c’était hier comment il a fait irruption dans la société posée qu’était à cette époque le groupe de discussion ASP. En moins d’une semaine, il s’était fait une impressionnante série d’ennemis mortels. Passé maître dans l’art de la provocation, il arrivait avec une déconcertante facilité à faire bouillonner le sang de membres pourtant jusque là connus pour leur caractère stoïque et bon enfant. Sa spécialité, c’était de poser aux pipiers des questions à première vue tout innocentes, puis, quand ils lui répondaient, de leur tomber sur le râble avec une véhémence féroce. Il savait tout mieux que les pros et, sans gants de velours, il les corrigeait en public. Je dis "il", parce que, passablement parano, le personnage refusait systématiquement de révéler son nom. Bref, un numéro. Un jour, ne voilà-t-il pas qu’il s’écrie qu’avec
pour seul outil son canif, il ferait du meilleur ouvrage que les
artisans réputés. Evidemment que d’une seule voix tout ASP lui a dit
chiche. Random s’est exécuté. Dire que les résultats de ses premiers
essais faisaient sourire, serait un flagrant euphémisme. En vérité,
les petits monstres qu’il présentait avec fierté, étaient la risée
d’ASP. Cependant, la cuisante humiliation ne le décourageait
nullement. Au contraire. Le voilà lancé dans la production de toute
une série de pipes maladroitement taillées qu’il présente comme des
inventions révolutionnant l’univers pipier si conservateur. Se
succèdent ainsi le passage d’air baptisé "shotgun" au diamètre
constant depuis la lentille jusqu’au fourneau, la pipe sans mortaise
ni floc et à tuyau collé inamovible et enfin la pipe équipée d’un
tuyau tourné dans une matière toute neuve, l’ultem. ASP se tape sur
les cuisses. |
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Moi pas. Ce Random commence à m’intriguer et certaines de ses idées ne me semblent pas si farfelues que ça. En plus, petit à petit, il commence à mieux maîtriser l’aspect esthétique, ce qui fait qu’ici et là je découvre une pipe qui ne me déplaît pas trop. Je décide donc de lui en acheter une, une création passablement bizarre dont l’évidente rusticité m’amusait. Avec son système shotgun et son tuyau en ultem collé à la tige, cette pipe constituait la parfaite illustration de la révolution randomienne. A ma grande surprise, elle fonctionnait parfaitement bien. C’était une vraie pipe et ce qui plus est, une bonne ! Qui l’aurait cru ? Voilà que Random et moi commençons à échanger quotidiennement des courriels. Pendant à peu près deux ans. Et voilà que cette brute misanthrope qui vit littéralement comme un ermite, se lie d’amitié avec moi. Ca ne l’empêche pas de continuer à refuser de me dire ne fût-ce que son prénom, ni de piquer d’abominables crises de colère chaque fois que mes propos heurtent sa sensibilité à fleur de peau. En même temps, il s’exerce, il s’améliore, il finit par faire des pipes vraiment réussies, tout en restant fidèle à ses principes toujours novateurs. Je lui ai acheté trois autres pipes. Chacune s’est avérée tout simplement excellente. La pipe que je veux vous présenter, a déjà fait l’objet d’un article : http://www.fumeursdepipe.net/artrandom.htm. Depuis sa publication, rien n’a changé : cette pipe dont le guillochage en dentelle a nécessité une patience de moine, continue à me combler. Je la trouve superbe, elle fume comme un charme et elle restitue avec précision le goût des flakes VA/perique.Aujourd’hui la carrière de Random est terminée. Obsessivement perfectionniste, travaillant comme un miniaturiste à une allure de tortue, il s’est heurté aux dures lois de la réalité économique. Et c’est dommage, parce que cet anonyme savait faire des pipes. Et je ne suis pas le seul à le penser : le célèbre connaisseur suisse Claude Wyss ( http://www.pipesetbouffardes.com/) était le client le plus loyal de Random et le collectionneur américain Neil Flancbaum a un jour déclaré en public que sa Random se fumait au moins aussi bien que ses Lars Ivarsson, Jess Chonowitsch et tutti quanti. Pas mal comme épitaphe, non !
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| Rasmussen, Kent
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Certains destins de pipier sont tout tracés : quand un Todd Johnson, un Will Purdy, un Jeff Gracik, un Michael Parks ou un Stephen Downie sont apparus sur le devant de la scène, les connaisseurs pressentaient dans leurs œuvres encore imparfaites, les grandeurs à venir. Et il est vrai qu’à de pareils talents innés, il suffit de quelques années pour s’épanouir complètement et pour s’imposer définitivement. Et puis il y a ces étoiles filantes qui, soudain,
tombent du ciel et éblouissent. On crie au génie, tant elles
semblent accomplies et incontournables dès qu’elles entrent en
scène. Certaines, telles Cornelius Mänz, continuent à répandre avec
autorité leur lumière. D’autres ont moins de consistance et de
souffle et s’avèrent, certes, aveuglantes, mais nettement plus
éphémères. C’est, me semble-t-il le cas de Kent Rasmussen. Serait-il
la victime de son propre génie ? |
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| Skovgaard,
Lasse
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Dans un article paru sur ce site même ( http://www.fumeursdepipe.net/testjorgensen.htm), j’ai relaté mes déboires avec ma première Skovgaard. Il a fallu une intervention chirurgicale pour lui ouvrir les voies respiratoires. Depuis, elle se porte bien. Très bien même. Depuis, elle a été rejointe par une petite sœur. Celle-ci prouve avec autorité que pas toute la progéniture de Lasse ne souffre de problèmes de santé. Au contraire, elle jouit d’une santé de fer. |
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