|
Le dessus du râtelier |
|
|
| Le Nuvole
|
|
Tous les pipiers vous le diront : une bruyère qui pue quand on la travaille, est bonne pour la poubelle. D’ailleurs j’avais mentionné ce constat qui m’avait été présenté comme une vérité absolue, dans un article publié dans le magazine The Pipe Collector. Mais voici que le toujours charmant et cordial Maurizio Tombari m’a contacté, à la lecture de mon article, pour me raconter une histoire extraordinaire. Un jour, un commerçant avec qui Maurizio n’avait
jamais fait affaires, lui propose un petit stock de bruyère dont il
chante les louanges avec une évidente force de persuasion. Le pipier
craque et il entrepose le bois pour le reposer. Arrive le jour où
Maurizio décide de faire un premier essai avec cette bruyère. Il se
met à l’œuvre et immédiatement son organe olfactif bat l’alarme : la
puanteur qui se dégage de ce bois est à peine supportable. Il essaie
un deuxième plateau. Même résultat. Furieux et maudissant
l’arnaqueur qui lui avait vendu ce bois à chauffer, Maurizio décide
de jeter le stock entier. Cependant, avant de prendre une décision
aussi drastique, il se remet au boulot, endure l’odeur fétide et
termine une pipe qu’il allume sans tarder. Bouche bée qu’il est :
dès les premières bouffées, la pipe dégage une saveur délicieuse.
Des essais supplémentaires avec d’autre plateaux du stock en
question l’ont confirmé : voilà du bois qui pue et qui pourtant
s’avère excellent. Comme quoi… |