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par Erwin Van Hove |
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12/08/07 |
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The show must go on. C’est ce que s’est dit Achim Frank après le franc succès du pipe show de Rheinbach de l’année passée. Sous le signe de l’expansion, l’affiche de l’édition 2007 s’annonçait encore plus alléchante. En effet, cette année, l’énergique Achim ne s’est pas contenté d’accueillir la fine fleur de l’univers pipier allemand, il pouvait également s’enorgueillir de la présence de figures emblématiques de la pipe scandinave telles que Former, Tom Eltang, Nanna Ivarsson, Love Geiger et Per Billhäll. Et puis, chose surprenante, pour un jeune pipier français, ce show constituait son entrée sur la scène internationale.
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Une
des dernières pipes que David sort de sa pochette, me fait d’emblée
de l’œil : une grosse bent ball rustiquée avec une
appétissante teinture brun/orange et une belle bague en olivier
poli. Sa forme me rappelle immédiatement certaines Lars dont je suis
amoureux. Ne voilà-t-il pas que David me raconte : " Pour celle-là
je me suis inspiré d’une Lars. " Il connaît ses classiques, ce
garçon. Je la soupèse, cette pipe joufflue, et à ma surprise, elle
pèse deux fois rien. Hop, vendu. Excellent choix parce que dès le
premier fumage, elle se met à produire une fumée douce au goût
précis et profond. |
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En face de la table de Trever, je vois Love Geiger. On a déjà échangé des courriels, mais nous ne nous sommes jamais vus. Pourtant, à ma surprise, il me reconnaît. Love m’a l’air d’un garçon sympa, modeste, simple. Il accepte les compliments avec grâce et c’est avec un évident plaisir qu’il donne des explications. Je suis vraiment intrigué par des décorations de tige dans un bois qui m’est complètement inconnu. Il me raconte que ce bois n’a rien d’exotique. En vérité, son père l’emploie pour se chauffer ! Love a remarqué qu’au moment où ce bois commence à pourrir légèrement, il développe des dessins fascinants. Ce bois, c’est du simple bouleau ! Belle trouvaille. Love fait du beau boulot, mais comme désormais l’épaisseur de mon portefeuille a été dramatiquement réduite, je renonce à lui acheter quelque chose. |
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Ken |
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Soudain une voix annonce dans le microphone que les enchères
silencieuses se terminent dans exactement cinq minutes. Cette
silent auction est un phénomène typique des pipe shows
américains. Des artisans ou des commerçants mettent gratuitement à
la disposition de l’organisateur une pipe. Toutes ces pipes sont
alors exposées sur des tables, accompagnées d’une feuille de papier.
Quiconque s’intéresse à l’une d’elles, peut écrire son nom sur la
feuille suivi du montant qu’il est prêt à débourser pour l’avoir.
Celui qui a noté le montant le plus élevé à l’instant où les
enchères se terminent, gagne. Je passe donc devant une bonne
douzaine de pipes et de feuilles et je repère une très originale
Axel Reichert. Cinq minutes avant la fin des enchères, le montant le
plus élevé proposé pour cette pipe est de 100 euros. Une insulte !
Je double donc le prix dans l’intention de déclencher dans les
dernières minutes ce qu’on appelle sur eBay a bidding war. Et
ça a l’air de réussir parce que pendant les toutes dernières
minutes, c’est la cohue devant les tables où sont exposées les
pipes. Pourtant, à ma grande surprise, plus personne n’a enchéri sur
la Reichert. C’est donc moi qui la gagne. Une affaire inespérée que
je viens de faire là ! |
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Georges, David et moi nous retrouvons sur une belle terrasse
ombragée pour dîner. A côté de nous, il y a du beau monde : Frank
Axmacher et Jürgen Moritz, Tom Eltang et Former, Tom Richard Mehret
et Cornelius Maenz. Per montre à l’assistance quelques snail
grade d’Eltang. La perfection faite pipe. Quand David les
examine, il est bouche bée. Georges, lui, s’intéresse davantage aux
filles brésiliennes à peine vêtues qui se mettent à danser à
quelques mètres de notre table. Il regrette d’ailleurs ouvertement
que le spectacle prenne fin si vite. David et moi par contre sommes
contents d’être débarrassés du bruit de tamtam. Après le dîner nous
descendons à la Weinstube d’Achim. La soirée entière, je la passe en
compagnie de David, d’Heiner Nonnenbroich et de Rainer Barbi.
Rainer, c’est un phénomène. Tout d’abord, c’est ce qu’on appelle
" un caractère ". D’ailleurs, par le passé il m’est arrivé à
plusieurs reprises de recevoir des courriels d’un Barbi furax,
déchaîné. Alors qu’à d’autres moments, il s’est montré avec moi
cordial, doux, serviable. En outre, Barbi, c’est une encyclopédie
vivante qui sait discourir longuement et avec justesse de l’histoire
de la pipe et des pipiers, des énigmes de Dame Bruyère, des diverses
techniques employées par les pipiers de trois continents, des
avantages et des désavantages de tel produit chimique, de telle
huile ou de telle teinture. Et puis la lucidité avec laquelle il
analyse le marché et l’avenir de la pipe, force l’admiration. Barbi,
c’est à la fois un torrent verbal et un grand pédagogue. Quand il
parle, on pend à ses lèvres et on se rend compte qu’on est en
présence d’un esprit inquisiteur, analytique, passionné et d’une
perspicacité rare. Bref, ces quelques heures passées en sa compagnie
constituent pour moi un des meilleurs souvenirs de mon week-end |
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Alors, des conclusions ? Et bien, tout n’est pas si positif que ça. Moins de monde que l’année passée, probablement à cause du week-end caniculaire. Du moins, j’espère que c’est la raison et non pas les querelles intestines au sein de la communauté des fumeurs de pipes allemands de plus en plus divisée en clans. Moins de ventes aussi, ce qui fait que certains pipiers sont rentrés plutôt déçus. Et puis un stupide et regrettable incident qui a causé le départ prématuré de Per Billhäll et de Tom Eltang. D’un autre côté ce show était la consécration de Frank Axmacher et de Jürgen Moritz qui tous deux ont fait un tabac. Quant à David, malgré la rude compétition et en dépit du fait que pour la clientèle allemande, c’est un illustre inconnu, il a réussi à vendre davantage de pipes que certains artisans pourtant plus renommés. Je vous donne rendez-vous dans un an. L’année prochaine non pas à Marienbad. A Rheinbach. Je compte sur vous. Aux impatients et à tous ceux qui sont désormais convaincus qu’il faut sans tarder se rendre à un pipe show digne de ce nom, je conseille également celui de Fürth au mois de novembre. Il y aura du beau monde.
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